Massacre de gays à Orlando : fatigué d’être une victime

La tuerie perpétrée par un islamiste à la discothèque Pulse en Floride me dégoute. Le geste en lui-même est inqualifiable, mais la fausse compassion de gens pour qui les gays et lesbiennes ne sont, après tout, pas des gens normaux me lève le cœur.

Nous avons survécu à des siècles de chasse aux sorcières. Condamnés à mort, torturés, castrés chimiquement, conversion forcée, nous avons subi les pires sévices humains depuis toujours.

L’absence de commémoration du génocide de millions de gays dans les camps Nazi est un bel exemple d’hypocrisie. Mais pour moi, le crime le plus odieux a été l’absence de réaction des dirigeants occidentaux lorsque l’épidémie du SIDA est apparue dans les années 80. Un génocide de plus de 38 millions de personnes, plus de victimes que pendant la Deuxième Guerre mondiale. Quoi de plus pratique pour les hétéros que de fermé les yeux sur une épidémie qui éliminait cette salle race de pervers que sont les gays après tout ? Les drogués en bonus ! Un ben ménage naturel…

On le constate bien avec la culture aujourd’hui. Le vide culturel occidental est directement relié à la mise à mort des gays de l’époque, présent dans toutes les sphères de la société mais niché en littérature, dans le monde du cinéma, la sculpture, la danse, la musique, la peinture, etc.

J’ai survécu au SIDA. Lorsque j’avais 10 ans, je mettais plein de papier de toilette sur la lunette d’une toilette publique histoire de ne pas attraper le cancer gay. Bon, avons que ma méthode n’était pas la bonne mais j’avais déjà peur de mourir. J’ai eu ma première relation sexuelle a 18 ans, j’avais alors les bonnes informations pour me prémunir et m’abstenir au maximum dans mes rapports avec ma propre sexualité.

Aujourd’hui on veut me faire peur. Encore. Je suis une victime désignée. Comme un juif pour un musulman. Mais en plus facile à abattre. Notre communautarisme est apparu seulement il y a 25 ans, les juifs ont 5000 ans d’histoire. Nous sommes donc naïfs et aimons croire que notre combat pour notre affirmation, notre processus d’acceptation et de redéfinition de valeur nous place sur un bon niveau d’acceptabilité social. Après tout, nous pouvons nous marier ! Mais non.

Il y aura toujours des connards pour nous insulter, pour nous mépriser, pour nous détruire et nous abattre. Nous n’avons pas d’allier, nous sommes seuls, même en communauté, car trop différents d’un individu à l’autre. Nous avons des amis. Nous avons des familles qui nous soutiennent parfois. Mais face à un fou, face à une personne radicaliser, je reste une victime.

Les gouvernements auront beau passer des lois pour contrer la discrimination, pour légaliser le mariage gay en occident, ce ne sont que des mesures faites pour se donner bonne conscience.

Car en réalité, tout le monde s’en fout pas mal des gays et lesbiennes, pourvu qu’ils soient propres et ne paraissent pas trop.

Kathleen Wynne, première lesbienne chef d'état au Canada

wynne-victory-speech-130126_lead_media_image_1Et dire qu’on était tout fier au Québec d’avoir élu en septembre dernier la Marois, première Premier Ministre de la Belle Province, et bien les Ontariens nous font encore un pied de nez avec Kathleen Wynne, Premier Ministre de l’Ontario, première lesbienne ouvertement gay en charge de la plus importante province du Canada (because Toronto of course!).

Une grande joie pour les gays et lesbiennes du Canada.

Les 100 ans d'Alan Turing

C’est avant tout une figure mythique du monde informatique.
C’est aussi l’histoire d’un gay, castré chimiquement par la gouvernement anglais, criminalisé pour son homosexualité.
C’est aussi son suicide, mort en mangeant une pomme empoisonnée au cyanure, très Blanche Neige comme image.
C’est peut-être aussi parce que cet homme est un héros de la Seconde Guerre mondiale, héros qui déjoua les messages cryptés des Allemandes et qui permis aux alliés de mettre un terme au carnage.

Quoi qu’il en soit, ce personnage ne laisse pas indifférent.

J’ai publié un article à son sujet en 2004.

Voici deux visions de celui-ci, la première sous l’angle informatique (MacGe) et la seconde sous celui de son homosexualité (Tetu).