Calendrier de l’Avent 10/16 : Jonas Gardell / N’essuie jamais de larmes sans gants

Calendrier de l’Avent Mafia Rose

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Jonas Gardell / N’essuie jamais de larmes sans gants : j’ai acheté ce roman à sa sortie en français, aux éditions Gaïa, en septembre 2016. Malgré sa jolie couverture j’ai abandonné ma lecture au bout de deux ou trois essais infructueux, la typo de cette édition étant des plus désagréable car microscopique. C’est niaiseux certes, mais il ne faut pas transiger avec le confort de lecture. Bref, j’ai racheté le livre dans son édition québécoise (Alto) sortie cette année et j’ai enfin pu lire ce monument de la littérature gay européenne.

Résumé : Rasmus fuit son village et l’étouffant nid familial pour se jeter à corps perdu dans sa nouvelle vie à Stockholm, où brille l’espoir d’être enfin lui-même. Benjamin, lui, est déchiré entre le chemin tracé d’avance par son appartenance aux Témoins de Jéhovah et son simple désir d’aimer quelqu’un qui l’aimera en retour. C’est Paul, mère poule pour les gais égarés, qui les réunit par hasard une nuit de Noël. Ils repartiront main dans la main sans savoir que leur pas de deux enfiévré les mènera au bord de l’abîme. Que l’un d’eux tombera sous la lame d’une faucheuse que personne ne connaît encore : le sida.

Verdict : un livre magistral. Ce point de vue suédois sur les années sida est probablement un des 10 grands textes sur le sujet. La forme romanesque se permet ici d’utiliser tous les artifices littéraires, du compte rendu clinique, à une certaine poésie, en passant par le mélo et l’humour. Humain mais désespérément tragique, car fiction ou pas le roman nous raconte encore une fois la grande tragédie de la communauté homosexuelle de la fin du siècle dernier. Un des trois meilleurs livres de 2018.