Gerontophilia

Synopsis

Un jeune homme de dix-huit ans sort avec une fille de son âge, mais découvre une préférence sexuelle pour les hommes âgés : il est sous le charme d’un vieil homme de quatre-vingt-deux ans, résidant dans une maison de retraite où il venait d’être embauché pour l’été.

Ma critique

Le réalisateur canadien Bruce LaBruce présente ici son film le plus “grand public”. Dans le sens de “pas trop de scènes pornographiques” svp. Et c’est une belle réussite.Filmé à Montréal, tourné dans les deux langues (mais principalement en anglais), Gerontophilia n’y va pas par quatre chemins, on entre rapidement dans le vif du sujet: l’amour des vieux. Des très vieux même. Lake ne comprend pas pourquoi du haut de ses 18 ans il est attiré sexuellement par les personnes âgées. Il ne cherche pas non plus à comprendre: il assume. Et c’est à travers M. Peabody, un vieux noir plutôt efféminé qu’il laissera libre court à sa libido.Le film dérange. Plus encore que si on m’avait présenté une histoire de zoophilie. Le sexe chez les personnes âgées est un tabou total, qu’il soit hétéro ou gay. Passé un certain âge, pour correspondre à une image de sagesse rétrograde, le vieux ne peut plus avoir de sexe. Et comment en plus expliquer qu’un beau jeune homme soit excité par une personne âgée sans immédiatement tombé dans le cliché de “c’est-pour-vider-son-compte-de-banque”.Le film n’apporte pas de réponse et ne juge pas. Il vous fera par contre réfléchir sur vos propres préjugés et vos propres limites.Bruce LaBruce a signé ici un bon film. Pas un chef d’oeuvre, mais un film hors norme. Rappelant souvent John Waters, un peu Xavier Dolan, il a son identité propre et laisse la place à Montréal en trame de fond, sorte de personnage invisible.Une mention spéciale à Pier-Gabriel Lajoie, plutôt inégal comme comédien, mais diablement beau et bien choisi pour ce rôle. Vue au cinéma Excentris à Montréal.http://www.youtube.com/watch?v=WDhjvnAm8aY