Mommy

Synopsis

Une veuve mono-parentale hérite de la garde de son fils, un adolescent profondément turbulent. Ensemble, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l’aide inattendue de la mystérieuse voisine d’en face, Kyla.

Ma critique

J’ai rarement été vidé et nourri émotionnellement en même temps. Le génie de Dolan est en partie dû au fait qu’il vient nous chercher à travers des émotions universelles, il nous les fait remonter dans la gorge, pour ensuite jouer avec celle-ci. Jouer dans le sens positif. Jouer, car c’est la mission qu’on lui accorde en regardant ses films: nous transporter et nous obnubiler. Et son dernier film, primé à Canne, rempli totalement sa mission.

J’ai pleuré. Pleuré un peu par moment. Pleuré beaucoup aussi. Pleuré de joie par l’innocence et la pureté de ses personnages. Pleuré aussi pour leur cause, l’injustice de notre humanité. L’amour ne soulève pas de montagnes. L’amour ne guérit pas. L’amour doit cependant exister pour nous permettre de vivre et d’exister.

D’une justesse infinie, ce vilain génie du cinéma a réalisé une oeuvre majeure dans tous les sens du terme. Une odyssée de l’âme, universelle et magistrale. Ses trois acteurs principaux sont d’une infinie justesse, mais la palme revient à Suzanne Clément. Je n’aime pas cette comédienne. Je ne l’ai jamais aimée. Pourtant, dans ce film, elle présente d’une infinie douceur la dépression sans l’afficher, sans nous l’imposer à grands traits. Elle est d’une magnificence incroyable. La musique est aussi très présente dans Mommy et devient une présence secondaire qui nous transporte d’une émotion à une autre.

Je ne sais quoi dire, je ne sais quoi vous raconter du film. Je ne peux que vous dire que j’ai pleuré en marchant sur le trottoir de la rue St-Laurent, en sortant du cinéma l’Excentris. Je ne pouvais plus m’arrêter de pleurer, trop troublé, trop bouleversé par ces émotions, comme si j’étais sorti d’une séance de psychanalyse où j’aurais tué ma mère…