Il y a quelques années, dans nos belles sociétés civilisées, les gens d’un village décidaient qui était ou non coupable d’un crime. Le crime étant bien sûr basé sur les us et coutumes au goût du moment, les coupables étaient rapidement condamnés sans réelle possibilité de défense. Une femme couchait avec le notaire du village: c’était une putain adultère qui méritait le bucher! Le curé du village avait aussi le pouvoir d’excommunier une personne. Elle était alors bannie de sa communauté, de sa famille, et devenait un paria déraciné et victime du système.

L’évolution de nos sociétés ont muté vers une société de droit, où un système de justice était mis en place et rendait possible un jugement impartial, souvent devant un jugé impartial aussi. Non pas basé sur des modes ou des influences spontanées, mais sur de grands principes de justice. La justice était alors la même pour tout un chacun. Le citoyen ne devait plus condamner son voisin et le châtier lui même: le système de justice permettait au plaignant et à l’accusé d’être entendus et jugés sur des lois définies.

Aujourd’hui, nous avons droit au grand retour de la justice de village. Et c’est à travers les réseaux sociaux et les médias que ça se passe.

Peut importe le sujet chaud du jour, nous avons toujours droit à des justiciers sortis de nulle part qui condamne sans appel via leurs réseaux Facebook et Twitter des gens qu’ils ne connaissent même pas.

On prend une information provenant de source non valide, les médias excitent la population avec le sujet, toujours sans validation de l’exactitude des sources, on en fait un spectacle qui s’alimente à travers les réseaux et voilà que le party est pris!

Je prends comme exemple le scandale actuel de la semaine. Scandale qui sera oublié d’ici 72 heures. Deux députés femmes ont dénoncé un comportement de harcèlement de deux députés hommes. Elles n’ont pas porté plainte à la police, instrument de justice. Non. Elles le font via leur organisation.

Scandale! Les hommes sont tous des violeurs.

Et c’est parti. On part des débats télé au sujet des femmes violés. Des femmes abusées. Des femmes qui ne dénoncent pas.

On lance alors sur les réseaux sociaux un mot clef pour témoigner. On ne demande pas d’aller voir la police pour déposer une plainte. Non, ce ne serait pas trop fun. Ce qui est fun c’est de sous-entendre que madame X a été abusé (ouf, ça fait du bien d’en parler sur Twitter!), que madame Y a été malmenée par son ancien employeur (depuis le temps que je voulais en parler!).

Les médias s’auto alimente alors du buzz qu’ils ont engendré, de l’incendie qu’ils ton provoqué au nom des femmes qui ont garder le silence. Un grand pas pour l’évolution de la femme!

Pendant ce temps, les connards sociaux sont partis à la chasse à l’homme. Qui sont les agresseurs derrière ces témoignages? Ils méritent d’être châtrés! Vites, rendons justice aux femmes!

Et c’est là que la situation devient pathétique.

On se base sur des allégations, sur des témoignages, pour prendre les armes virtuelles contre des criminels désignés.

Aucune accusation formelle. Aucune enquête. Aucun procès. Aucune défense. Aucun jugement. Acune peine ou réparation. Juste un gros spectacle et un sentiment de justice virtuel par harcèlement et par mépris humain.

Une bassesse où se vautre de plus en plus notre société d’illettré.