Didier le nain

Il y a quelques années, j’ai rencontré un nain nommé Didier. J’étais au Stud, jouant une partie de billard, sirotant une bière, histoire de passer une soirée relax. C’est entre deux boulle que j’ai vu passer un nain, grimpant sur un tabouret, près de ma table. Celui-ci était vraiment dans son élément, vêtu comme toute bonne tapette fréquentant le Stud, un côté plutôt viril, dégageant beaucoup de confiance.

Connaissant les trois nains du Village, je me demandais d’où sortait cet outsider, et c’est en entreprenant une discussion avec lui que j’ai appris qu’il était Français, en visite au Québec avec son ami (qui avait un sérieux penchant pour mon body). Je leur ai donc proposé de terminer la soirée à trois… devant une bonne poutine. Je ne pouvais laisser passer cette occasion de faire découvrir à mes deux comparses le bonheur d’une grosse poutine après avoir bu quelques bières. Le surlendemain, je les recroise au Stud. Ils aiment beaucoup l’endroit, on visité le village de Québec la veille, n’ont pas été impressionné, et reparte le lendemain. Je leur souhaite donc un bon retour, conservant un agréable souvenir de leur rencontre.

Les chemins du destin m’ont amené à Paris quelques semaines plus tard. Je décide de retrouver Didier sur place. Après tout, Paris c’est peut-être gros, mais un nain de son envergure ne passe pas inaperçu. Malheureusement, je me rencontre très tôt que tout est stéréotypé, que je ne cadre pas dans cette communauté. Les quelques endroits qui se rapprochent du Stud (le Cox, le Dépot, le Bears) sont des boites à cul ou à drague qui ne permettent pas vraiment la socialisation (à l’exception du Cox où j’ai rencontré un gars qui connaissait tout le monde sur place et qui m’a présenté à ses copains comme une attraction venue du Québec; il ne connaissait malheureusement par Didier).

Un autre ami, Fred que j’ai connu grâce à internet a bien voulu m’aider, mais m’a fait comprendre qu’une ville de 10 millions d’habitants, nain ou pas, c’est pas évident d’y retrouver quelqu’un. Ma rencontre avec Francis, trois mois après mon arrivée, a sonné la fin de ma tournée des bars. Fini la recherche de Didier, j’avais d’autres priorités maintenant.

Aujourd’hui, par un heureux hasard de la vie, je tombe sur un site de bears. Et devinez qui était inscrit, Didier en personne! Mes amis à qui j’avais relaté mon histoire à l’époque vont enfin pouvoir mettre un visage sur le héros de mes aventures parisiennes.

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