Divine ma divine

Depuis plusieurs années, je suis un fan de John Waters et de Divine. Le premier pour son côté subversif et le second pour son côté absolu. Les deux réunis donnent des petits moments de bonheur que même un petit pouding Laura Secord ne serait égalé. Le film Polyester fut pour moi un grand choc. La première fois que j’ai vu ce film, je devais avoir “dixdouze” ans. J’étais avec ma mère, nous l’avions loué en casette (Beta), une de nos premières locations.

À l’époque, je ne savais pas (ma mère non plus) que Divine était un hommeMais déjà, sans pouvoir le nommer, le côté subjectif du film m’attirait, tel un papillon de nuit qui vol vers la lumière d’un dix roues sur la 30 en direction de Sorel, cette belle destination finale. Lorsque mon ami Guillaume (qui avait mis la main sur une des très rares copies encore existantes de la vidéo) me fit redécouvrirent le film, j’étais aux anges.

J’avais, une décennie plus tard, l’expérience de vie nécessaire (manière polie de dire que je n’étais plus un puceau, mais une grosse cochonne!) pour apprécier à sa juste valeur ce chef d’oeuvre. Et quelle ne fut pas ma surprise lorsque je réalisa, du même coup, que des gens, des Québécois, fous eux aussi, avaient participé au doublage de ce film!

C’est le célèbre comédien Jean-Louis Millet, grand comédien du théâtre dramatique, qui personnifia Divine et son personnage Francine. J’ai donc entrepris cette année de sortir Jean-Louis, Francine et Divine du placard. Les casettes VHS sont en voix de disparition. Elles auront complètement disparu d’ici 18 mois (et je suis généreux).

Même si Polyester a été réédité en DVD, le doublage québécois, lui, sera perdu à tout jamais. J’ai donc été louer la casette à la Boîte Noire. J’ai enregistré la piste audio sur mon Mac. J’ai loué le DVD en anglais, extrait l’image. Je m’apprête maintenant à joindre les deux morceaux et à produire la version 2006 de Polyester en Québécois, avec Divine et Jean-Louis Millette. En DVD sur le Net!

Fait à noter : Francis et moi allons nous marier ce printemps après 6 ans de vie commune. Lorsque je vivais à Paris, j’ai passé une petite annonce sur un babillard gay demandant à qui le voulait une sortie cinéma pour aller voir le dernier Spike Lee et le dernier Waters. Francis est allé voir mon site web et a découvert que j’aime bien Divine. Il était dans la même secte que moi, les amateurs de Divine! C’est donc un peu grâce à elle que nous sommes ici ensemble.

Yannick L
Yannick L

Épicurien technologique, amateur de culture sous toutes ses formes, ancien militant gay.