Le temps qui reste

Dans la lignée de la journée, autant continuer à parler de la mort. Hier soir, nous avons vu le film Le temps qui reste de François Ozon.

Synopsis : Romain, un jeune photographe de 30 ans, apprend brutalement qu’il n’a plus que quelques mois à vivre.

Sujet difficile, c’est la première fois que je vois un film qui présente la mort d’une personne sans les crises de larmes, les déchirements mélodramatiques et tout le tralala. C’est la première fois que l’on aborde un tabou au sujet de la mort. C’est que lorsque l’on meurt, on commet un geste totalement égoïste. On meure pour soit, pas pour les autres. Je m’explique.

Romain décide de ne pas se faire traiter, de laisser la maladie faire son travail. Pas pour mourir plus vite, simplement parce qu’il veut profiter des derniers moments de sa vie, sans les effets secondaires des traitements. Ce n’est donc pas un suicide mais une prise de décision.

Il décide ensuite de rompre avec son compagnon (le film est très explicite sur son orientation sexuelle, même si l’homosexualité du personnage est totalement secondaire). Il ne lui dit donc pas la vérité et le fait sortir de sa vie pour ne pas avoir à subir son apitoiement.

Idem pour la famille. Il ne règle pas ses problèmes avec sa soeur. Il n’en parle à personne. Sauf à sa grand-mère. Elle est comme lui, dit-il. Jouée magistralement par Joanne Moreau, la grand-mère est d’une merveille. Au moment où elle lui demande pourquoi il ne se confie qu’à elle, il lui répond: Parce que tu vas bientôt mourir toi aussi. Et vlan!

Roman décide donc d’assumer ceci, la mort ne peut être partagée, seule la compassion est possible. Il refuse cette compassion et assume donc le fait que mourir est un acte personnel.

La beauté de ce film réside partout. Dans les dialogues, le jeu des acteurs, l’éclairage, chaque plan est pensé. C’est somptueux. Le sujet peut déranger parce qu’il touche à un non-dit. Mais une fois assumé, on peut se laisser aller à admirer cette oeuvre du talentueux François Ozon.

Ma note: 9/10 Site officiel: www.francois-ozon.com

  1. En bon petit couple, nous avons fait notre devoir Michel et moi et avons regardé le même film que vous, probablement en même temps! J’ai adoré. Effectivement, tout est pensé! J’ai eu une bonne discussion avec mon chum sur fait si Romain s’était réconcillié avec sa soeur. On ne voit pas cette réconciliation, mais on sait que Romain a pris des clichés de sa soeur avec ses enfants à l’insu de celle-ci. Or, l’appareil-photo qui restera sera l’objet-témoin de ce que Romain a fait pour elle sans vouloir lui dire en pleine face. Mais qu’est-ce que cet appareil-photo sans son photographe? Comme les suites de la mort du personnage principal ne sont pas connues, il nous reste à imaginer la suite. La scène finale est magnifique, sur la plage, le soleil-couchant… et pas cul-cul pantoute. J’y vois tout plein d’affaires… bref, une bonne discussion autour d’un verre de vin…

  2. En bon petit couple, nous avons fait notre devoir Michel et moi et avons regardé le même film que vous, probablement en même temps! J’ai adoré. Effectivement, tout est pensé! J’ai eu une bonne discussion avec mon chum sur fait si Romain s’était réconcillié avec sa soeur. On ne voit pas cette réconciliation, mais on sait que Romain a pris des clichés de sa soeur avec ses enfants à l’insu de celle-ci. Or, l’appareil-photo qui restera sera l’objet-témoin de ce que Romain a fait pour elle sans vouloir lui dire en pleine face. Mais qu’est-ce que cet appareil-photo sans son photographe? Comme les suites de la mort du personnage principal ne sont pas connues, il nous reste à imaginer la suite. La scène finale est magnifique, sur la plage, le soleil-couchant… et pas cul-cul pantoute. J’y vois tout plein d’affaires… bref, une bonne discussion autour d’un verre de vin…