L’aventure d’un grand guerrier qui veut manger sont tartare de bœuf à 50$

L’aventure est épique. Au début venait le verbe, dit-on, dans les grands récits de la littérature moderne.

Et bien voici le mien. Celui de l’inaction. Celui d’Uber Eats, qui me remboursa 5$ sur un tartare de bœuf de 50$. Celui d’un grand guerrier affamé qui voulait sa pitance. Celui d’un homme prêt à se battre pour son dû.

J’ai commandé un tartare de bœuf à la Gage (anciennement La Cage au Sport) à la Place Versailles.

Jusqu’ici tout va bien. Mais c’est quand même 50$ pour un repas, ma pitance.

La livraison Uber Eats était surprenante. Un bout de bœuf, deux feuilles de salade émiettés. Point de frites. De vinaigrette pour la salade. Rien.

J’appelle La Cage. Le bordel débute.

Moi: Allo. J’ai commandé via Uber Eats.

Elle: attendez, je vous transfère. (Ça commence mal!)

Elle no 2: Allo? 

J’ai l’impression d’entendre Safia N. au téléphone. Je lui explique que j’ai commandé un tartare de bœuf à 50$ et que je n’ai pas eu ma commande au complet. 

Elle me répond qu’on est samedi soir, qu’il peut y avoir des erreurs. Elle me dit d’aller sur l’application Uber Eats et de faire une réclamation.

Comme un bon citoyen cyberéduqué, je suis ses directives. Je retourne sur l’application Uber Eat, fait une plainte. On me crédite de 5$ sur ma prochaine commande. Bordel à cul, j’ai faim, je vais tuer quelqu’un! J’ai faim! J’ai faim! J’ai faim!

Uber m’appelle. Un message uniquement en anglais me dit d’appuyer sur le 1 pour communiquer avec le service. J’appuie. Je tombe sur une boite vocale. Elle est pleine. 

Je prends le sac brun de ma pitance, ma voiture, et pars à la chasse à la Sofia N.

Je l’imagine grande, niaiseuse, adipeuse. Inapte à remplir sa fonction, la satisfaction de la clientèle, étant trop éloignée de son concept primal de l’humanité mourant de faim. Nourrir un grand guerrier ne lui viderait pas à l’esprit. Elle préfèrerait se faire violer par les envahisseurs russes diriger par les poutines de notre univers que de nourrir les hommes qui lui permettent d’exister.

J’arrive donc physiquement à la Cage.

Je rencontre Sofia N. Elle est telle qu’imaginé, grande et insipide. Elle me reconnait instantanément par le regard affamé que je lui lance.

Elle no 2: C’est vous le tartare?

Moi: Ben oui, c’est moi le tartare.

Elle court en cuisine chercher des frites qu’elle balance dans le sac brun qui sert de réceptacle à ma pauvre pitance. Je suis affamé Je vais bientôt la morde. Mais non, mordre cette chose adipeuse me révulse. J’ai beau avoir faim, il est dépassé 21 h, je résiste. 

Je repars donc, après avoir cru vaincre l’absurde, sans réellement avoir fait évolué notre société, affamée, avec des frites dans un sac brun et un rabais de 5$ sur ma prochaine commande Uber Eat.

Quand je pense à la guerre, je rigole très fort. Vous ne savez pas ce qui se passe ici! Notre société n’a pas besoin d’envahisseur, de despote fou, nous sommes autosuffisants dans la connerie. Nous avons tous les outils pour nous détruire nous-mêmes. Avec Safia N. le samedi soir, Uber Eats et un tartare de bœuf.

À propos de l’auteur : Yannick L. Admin Supporteur
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